né en 1975 / born in 1975 vit et travaille à Clermont-Ferrand / lives and works in Clermont-Ferrand marc.geneix@gmail.com
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IN EXTENSO MARTIAL DEFLACIEUX SEBASTIEN MALOBERTI
EXPOSITIONS 2008 La Théorie du Komplot - Garage Komplot - Bruxelles. Le Scénario de l’Inéluctable - Galerie Arkos - C-Fd. SMG - Falexpo - C-Fd. Western moderne, FRAC Auvergne, Montluçon. ICI MÊME - Ouvrage collectif avec Pierre Ardouvin, Bad Beuys Entertainment, Christophe Cuzin, Kristina Solomoukha, Laurent Tixador et Abraham Poincheval... - Asso In extenso. 2007 Western moderne, FRAC Auvergne, Aurillac. 2006 Le Paradise - Centre Culturel Les Abattoirs - Riom. Lost Memory - Le grand soir - ENSA Clermont-Communauté. Antisocial - FRAC Auvergne - Clermont-Ferrand. 2005 White flag - The Diary Hotel - Centre Culturel K2 - Izmir - Turquie. Même pas mort - Les dessous de la culture - Clermont-Ferrand. 80 - Fin 2000 - Festival Vidéoformes 2005 - Clermont-Ferrand. 2004 Armada, Corpus & Stratagem. Soleil Rouge - FRAC Auvergne. Clermont-Fd. All I need ? Darkroom Projekt - Kunst in Kontakt - Hanovre - Allemagne. 2003 Youpi, tout va bien! Festival Ecouter Voir - Galerie des Terreaux. Lyon. Le monde est à vous. Mulhouse 003 - Parc des Expositions. Mulhouse. 2002 Niet. Vitrine de magasin désaffecté. Association Les Abattoirs. Riom. Salon des Jeunes Créateurs. Centre Culturel Valéry Larbaud. Vichy. No man's land. Temps Morts - Galerie Garde à Vue / In Extenso. Clermont-Fd. Un homme un évènement. Les Mars de l'Art Contemporain. Clermont-Fd. 2001 Bonjour, je m'appelle. Galerie du Haut-Pavé. Paris. DIFFUSIONS VIDEOS 2006 Alliance française. Asùncion. Paraguay. Instants Vidéos - Ecole Sup. Des Beaux-Arts de Marseille. Muestra Euroamericana de Cine, Video y Arte Digital. Buenos Aires. Argentine. Alliance française. Montevideo. Uruguay. 2004 Festival du film documentaire Trace de vie - Clermont-Ferrand 2003 Forum alternatif - Festival du court métrage - Clermont-Ferrand. Scène Nationale Saint-Etienne à l'invitation de La Fabrique. PUBLICATIONS 2008 ICI MÊME. Edition IN EXTENSO 2006 Vous êtes ici. Catalogue du FRAC Auvergne 2000/2006. Texte de Jean-Charles Vergne. 2006 Zones de Défiance. Un, deux, quatre…Ed. Texte de Jean-Charles Vergne. 2005 Catalogue Vidéoformes. Texte d’Eric Fayet. COLLECTION PUBLIQUE Même pas mort - Vidéo et néon - Collection FRAC Auvergne. Le Scénario de l’Ineluctable (détails) - Collages - Fond d’acquisition Clermont-Communauté. Images of Dark News - Encre de chine sur papier Arches - Fond d’acquisition Clermont-Communauté. CREATIONS VIDEO 2007 Récits de la vie de Michelangelo Merisi dit Le Caravage - Cie C. Galland - Paris 2006 Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent - Cie D.F - Clermont-Fd Suzanne, takes you down - Magma Performing Théâtre.- Clermont-Fd / Paris
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LE SCENARIO DE L’INELUCTABLE - SONIC YOUTH - GATED WORDS - CESSEZ LE FEU JASPER JOHNS ! MONDE - I DON’T BELIEVE IT - UNENDING WESTERN - HUNTER SLEEPER - MÊME PAS MORT - PASSING THROUGH
Gated Words - bois, fils barlelés, métal / wood, barbwire, metal - 2007
Cessez le feu, Jasper Johns! - tissu , branche de bois / Cease fire, Jasper Johns! - fabric, wood’s branch - 2007
I don’t believe it - boucle vidéo, pare-brise / video loop, windscreen - 7s - 2007 VOIR LA VIDEO / SEE THE VIDEO
Unending western - boucle vidéo / video loop - 30s - 2007 VOIR LA VIDEO / SEE THE VIDEO
Sonic Youth - pull en laine / wool pullover - 2004/2007
Le scénario de l’inéluctable - The script of unforgiving - collages - 2008
Hunter Sleeper - boucle vidéo / video loop - 4mn - 2008 VOIR UN EXTRAIT DE LA VIDEO / SEE A PART OF THE VIDEO
Même pas mort - video (14 min), neon - 2005 / Didn’t even die - video (14 min), neon light - 2005
VOIR UN EXTRAIT DE LA VIDEO / SEE A PART OF THE VIDEO
It was only passing through - texte découpé dans filtres jaunes / cuted words in yellow filters - 2008
Sans titre - acrylique, néon - 5x2,50m - diam. neon : 1,40m - 2008 Dessins - encre de chine / Drawings - indian ink - 50 x 65cm - 2008
L’empire des signes / Frédéric Emprou - 2008
La permanence du pire / Jean Charles Vergne - 2005
L'empire des signes Marc Geneix use du palimpseste comme un mode d'investigation d'un réel contemporain. Son travail résulte et s'alimente notamment par une captation de signes issus du réservoir médiatique et culturel du monde présent. Il procède de l'enchevêtrement de micro-récits dans l'entrecroisement de différents process plastiques tels que le dessin, l'installation ou la vidéo. Brassant des codes provenant de la culture populaire, comme le rock'n'roll ou le western, l'artiste se plaît à mixer des iconographies et des récits en interrogeant la notion d'une mythologie passée, encore en jeu, ou déjà en train de s'effectuer. Suivant les contractions temporelles des instances de notre société de l'information, Marc Geneix procède par des glissements qui deviennent autant de manières d'incursions, de mises en réseaux et d'entrées multiples à une tentative d'inscription ou d'appréhension du monde. On pensera à son remake de la bannière étoilée américaine devenu drapeau blanc symbolique et ultime clin d'œil à l'œuvre de Jasper Johns. On pensera aussi à ce pull noir tricoté sur lequel figure le nom du groupe Sonic Youth reposant sur un portant, à la fois vestige mélancolique de l'accessoire du fan et installation pop, sombre et monochrome. La référence récurrente au fameux film de Charles Laughton La nuit du chasseur est révélatrice de cette narration prismatique, inquiétante et légendaire. Sculptures slogans, ornements ambigus et emblématiques, l'artiste moula ainsi dans le bronze deux poings américains, chacun arborant les célèbres « love » et « hate » tatoués sur les phalanges du pasteur incarné par Robert Mitchum. De la même façon qu'il instaure des boucles en citant des extraits de films, Marc Geneix propose une circulation du fragment : la vision par éclats d'un état de conscience contemporain tout en questionnant ses ressorts de vraisemblance, de fictions ou de généalogies. Cadavres exquis puisant dans une actualité sur papier, ses dessins-collages confectionnés à partir de coupures de presse sont à cet égard symptomatiques. Images of Dark news développe cet effet miroir, traduction du positionnement critique et sans fard de l'artiste. A la croisée entre l'histoire et l'histoire de l'art, des données sociologiques et politiques, Marc Geneix mène une réflexion aiguisée et lucide sur le temps à l'œuvre, ses effigies et ses résonances. Une certaine idée de l'événement ou des événements. L'empire contre-attaque. Frederic Emprou / 2008
La permanence du pire Un enfant, coiffé d’un chapeau de sheriff, vêtu d’un habit de cow-boy et d’une épée en plastique portée à la ceinture, allume des pétards qu’il projette dans une cour d’école où se déroule l’action principale. Le fi lm, lors de sa première présentation, a été projeté dans cette même cour d’école, en pleine nuit, avec, pendu à la branche d’un arbre, un néon – seconde partie de l’oeuvre - reconstituant dans une écriture maladroite les mots « même pas mort ». L’enfant, grimé en justicier vengeur, jetant ça et là ses pétards inoffensifs, est mis en balance avec la violence réelle de notre contemporanéité déchirée par les confl its, les génocides, les destructions massives - naturelles ou orchestrées -, les foules en déshérence, les nationalismes s’entrechoquant dans le sang et les gravas, le triste stéréotype de clôtures hérissées de barbelés, les écrans de surveillance, les puits de pétroles en fl ammes... Le montage cut fait ainsi se succéder les scènes de cour d’école avec des documents en noir et blanc issus pour la plupart de journaux. Ils se succèdent avec force, effl eurant avec révérence le souvenir de La Jetée, formidable collage photographique en mouvement réalisé par Chris Marker en 1962, additionnant la brutalité à de rares images que l’on voudrait être porteuses d’espoir, à l’instar de ce tee-shirt portant l’inscription altermondialiste « un autre monde est possible ». Cet enfant est l’enfant générique du monde d’aujourd’hui tout en incarnant l’enfant de tous les passés. Il réactive ainsi le souvenir d’Edmund, ce jeune garçon de quinze ans fi lmé par Roberto Rossellini en 1947, dans Allemagne année zéro, errant dans les décombres d’un Berlin déchiqueté, qui fi nira par se suicider de désarroi face à la désolation sociale et morale d’un pays mort. L’enfant fi lmé par Marc Geneix n’est pourtant pas si clairement défi ni et, comme dans toutes ses oeuvres, l’ambivalence doit être notre principale plate-forme de réfl exion pour accéder au sens. Ce que montre le fi lm, c’est le jeu des possibles à l’oeuvre, la possibilité d’une rédemption par le changement ou la probabilité d’une permanence du pire. Le néon scintille d’un « même pas mort » avec l’écriture maladroite d’un enfant qui est aussi celle d’un vieillard1. La graphologie malhabile affi rme simultanément l’enfance et la fi n de vie et l’on se surprend à noter à plusieurs reprises dans le regard de l’enfant l’éclat affaibli de l’épuisement. Et, au fond de la cour, un mur sur lequel sont peints des animaux - lapins, écureuils, papillons… - aux côtés du support vide d’une poubelle publique enlevée pour cause de plan Vigipirate… Cette installation, acquise en 2006 par la collection du FRAC Auvergne, s’inscrit au sein d’un corpus parcouru par la récurrence de thèmes qui tentent de circonscrire la question de la violence contemporaine sous ses différents aspects. Marc Geneix a utilisé à plusieurs reprises la fi gure symbolique du gorille, chef de meute sauvage et intelligent, dans des oeuvres antérieures traitant de l’ambiguïté des mécaniques du terrorisme, du pouvoir et des divers fondamentalismes. Il a précédemment mis en scène de manière assez directe, avec Armada Corpus & Stratagem, conçue pour l’exposition Soleil Rouge en 2004, la fi gure de l’encagoulé, du poseur de bombes idéologue, posant la question du point de vue et de la relativité du jugement face à l’acte violent, qu’il soit nationaliste, religieux ou révolutionnaire. L’ambivalence était alors montrée entre la phalange terroriste, la cellule paramilitaire nationaliste, le groupe armé révolutionnaire, la force clandestine de résistance et l’écart parfois faible séparant ces catégories les unes des autres, induisant une réfl exion sur le positionnement politique et la légitimité de la violence utilisée comme moyen par les GIA, ETA, FARC, Hezbollah, Al-Quaïda, IRA et autres mouvances et, plus largement, sur la manière dont les médias et l’Histoire en rendent compte. Dans un autre registre, contractant son propos sur un mode purement narratif, il développe, avec 80, Fin 2000, une fi ction centrée sur le détournement sauvage des ondes hertziennes sur un toit d’immeuble par un groupuscule terroriste. La prise en otage du média télévisuel est elle-même relayée par un ensemble de moniteurs de surveillance perchés sur un pylône électrique diffusant les images, sous tous les angles et en léger différé, à la manière d’une émission de télé-réalité. L’intonation, ici, consiste à pointer l’irréductible lissitude des images, interchangeables, superposables, transmises sur le mode d’une équivalence parfaite quel qu’en soit leur contenu… En d’autres termes, l’image importe plus que son contenu ; la persistance de l’image est aussi la persistance de l’audience. Tant qu’il y a de l’image et du ludique, il y a de la satisfaction. C’est aussi, en défi nitive, le vieil adage romain « du pain et des jeux » revu et corrigé pour les masses contemporaines. A l’opposé, White Flag, réalisé en 2005 à l’occasion d’une exposition en Turquie, est un mur monochrome, de la même couleur que le drapeau turc, sur lequel est suspendu un tissu blanc portant en fi ligrane le croissant et l’étoile dudit drapeau. Cet emblème du renoncement et de la capitulation, par sa triple évocation de la négation du génocide arménien de 1915, de la négation de la question kurde et du refus de reconnaître l’Etat de Chypre, constitue la prise de position frontale d’un artiste invité dans un pays et engageant sa réalisation artistique dans une sphère appartenant à l’Histoire locale, à l’heure où, de surcroît, la Turquie fait l’objet des débats que l’on connaît sur son intégration à l’Europe. Comme le montrent ces exemples, le travail de Marc Geneix évolue généralement entre deux pôles : la fi ction pure et l’incursion frontale dans le réel. Entre ces deux postures, les oeuvres intègrent un large mouvement de balayage historique, sociologique et politique des phénomènes de violence avec, comme élément récurrent au sein de toutes les créations, la présence systématique des médias – journaux, télévision, moniteurs…. Par l’instantanéité de leurs fl ux et l’abolition des distances qu’ils induisent, les médias, tels que Marc Geneix les utilise, stigmatisent l’irrémédiable contraction du monde en un territoire de plus en plus minuscule, de plus en plus immédiat, de plus en plus local, de plus en plus oppressant. Dans ses installations multimédia, le passé, le présent et l’avenir disparaissent et font place nette à un temps réel permanent (ou à une confusion des temps, comme chez Chris Marker), au sein duquel le « village global» formalisé par Marshall McLuhan2 est de plus en plus fragilisé par une hypersensibilité au lointain doublée d’une évanescence progressive du concept de proximité. Jean-Charles Vergne, Directeur FRAC Auvergne.
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